Nous n'étions pas loin de la vérité. |
Mme. G. LEVY le 25 Mars 2005
à
Monsieur Marc DUBOURDIEU
Mission Interministérielle aux Rapatriés Monsieur,
Je me permets de vous adresser ce courrier pour vous dire à quel point j'ai été scandalisée en lisant :
L'ETAT DES OPERATIONS DE REGROUPEMENT AGREES PAR LES AUTORITES ALGERIENNES PAR NOTE VERBALE DU 8 SEPTEMBRE 2004 concernant les cimetières d'Algérie. Dans le tableau établi le 25 octobre 2004, j'ai eu la stupéfaction de constater, dans la colonne Wilaya, circonscription BORDJ-BOU-ARRERIDJ, qu'il avait été inscrit 34 tombes pour la commune de BLIMOUR ( il s'agit en réalité de BEL IMOUR, nom actuel de l'ex-village français de CEREZ ). Qui a pu avoir l'audace de faire une telle affirmation ? ….
En effet, étant native de CEREZ, j'ai eu l'occasion d'y retourner en Avril 1985 et de me rendre au cimetière. Quelle ne fut pas ma douleur, mais aussi mon indignation de voir notre petit cimetière réduit à l'état de terrain vague. Seule la murette de clôture existait encore à cette époque là, mais à l'intérieur ….UNE SEULE TOMBE !!!!! Comment peut-on encore essayer de duper une population et tenter de faire croire que l'on s'occupe de la sépulture de nos morts ? Tous ces aïeux, venus de France pour la plupart, ont trouvé à leur arrivée sur cette terre d'exil, à la fin du 19ème. siècle, que misère et désolation. Ce sont eux qui ont contribué, avec leurs descendants, à force de labeur, de peine, de courage et d'acharnement à bâtir ce beau pays qu'était devenu " NOTRE ALGERIE FRANCAISE " La France, qui avait su rappeler sous ses drapeaux tous ces hommes d'Algérie durant les deux guerres de 14/18 et 39/45, se devait, il me semble de prendre des mesures avec le gouvernement algérien, afin que leurs sépultures soient respectées, et ce dès l'indépendance. Après quarante-trois ans, on pense brusquement à faire quelque chose pour les cimetières européens qui, à 90 ou 95% n'existent plus. En supposant que certaines familles de CEREZ (actuel BELIMOUR) souhaiteraient le transfert en France, à leurs frais, des restes mortels de leurs défunts, que pourraient-elles espérer puisque les tombes n'existent plus ! Oui,après avoir payé un minimum de 1500 euros aux autorités algériennes par corps rapatrié, que recevraient-elles, je vous le demande ? Des cercueils vides ou avec des ossements d'on ne sait qui et récupérés on ne sait où !.. Pouvez-vous me donner une réponse à ce sujet ? L'abandon de l'Algérie, de ses ressortissants français et harkis ainsi que de tous leurs défunts, restera à tout jamais LA HONTE DE LA France, malgré les différents gouvernements qui se sont succédés depuis 1962… Pour la mémoire de nos ancêtres et des membres de ma famille restés à tout jamais sur cette terre d'Algérie, je tenais à exprimer ma colère devant cette nouvelle mascarade concernant notre communauté. Veuillez agréer, Monsieur, mes salutations distinguées. PS. Je suis née à CEREZ le 1er septembre 1940 sous le nom de G.B et mon frère E. B, lâchement assassiné le 1er février 1962 par le F.L.N., avait été enseveli dans le cimetière de ce village. |
| Nous avions évoqué l'hypothèse que dans de nombreux cas, il n'y aura aucune certitude de recevoir les restes de nos défunts. En outre, les témoignages de ce genre affluent. Il semble se vérifier également qu'une des motivations de ces regroupements sont les résultats directs de destructions extrêmes dues non seulement à l'érosion temporelle, mais aussi et surtout aux dévastations et profanations radicales. Ces fameuses " tombes collectives " permettraient de faire disparaître la réalité du désastre. Un autre indice va dans ce sens, car si les intentions du (des ?) gouvernement(s) avaient été si claires et sans arrières pensées, il est certain que les décisions et les annonces auraient été faites au grand jour et non en catimini.
Tout ceci devient nauséabond on croyait avoir touché le fond, mais non, chaque jour apporte sa pelletée de fumier. Les mots manquent pour exprimer le dégoût, l'amertume et la honte que nous éprouvons pour ces ténébreux manipulateurs. |