La dernière souffrance ?
La dernière souffrance

C'est un moment d'intense émotion. Un instant de solitude face à l'histoire. Une vague de nostalgie triste. Un sentiment de révolte glacée et de colère rentrée.
Un coup de poing dans le cœur dont la chaleur de l'accueil et la promesse de se retrouver enfin n'atténuent pas la douleur.
En Algérie, la visite par les pieds-noirs des cimetières français abandonnés est un passage obligé. Et une brûlure.
Tous ne sont pas saccagés. Il y en a même qui sont partiellement bien entretenus, comme celui d'Oran. D'autres, plus modestes, isolés derrière des villages perdus au milieu de rien, sont endormis comme on les a laissés après la guerre d'indépendance. Mais tous, ou quasiment tous, sont atteints. Plus ou moins.
Des pierres tombales sont brisées. Des cercueils sortis. Des vierges décapitées. Des angelots martyrisés. Tout n'est pas l'oeuvre de chenapans désœuvrés ou de brigands en quête d'or.
Mais tous les Algériens, loin s'en faut, ne sont pas complices de ces exactions. Ni complaisants. Souvent gênés.
Les rapatriés supporteront d'autant plus mal ces dispositions qu'elles sont l'œuvre conjointe de l'Algérie et de la France, alors que les gouvernements français successifs sont accusés d'inertie face à ce dossier.
Certes, les municipalités algériennes qui doivent faire face à des problèmes d'urbanisme peuvent avoir besoin de récupérer des terrains qui apparaissent comme une charge. Elles l'ont fait par le passé sans égard.
On se rappelle les larmes d'une Niçoise devant un terrain de foot... qui avait jadis accueilli la dépouille de son père et de la petite communauté française.
Cette tentative de communication, cet effort d'organisation sont louables, à un moment où le rapprochement entre les deux rives n'a jamais été aussi voulu.
Il n'empêche que ce décret apparaît comme la dernière souffrance des Rapatriés.
François ROSSO. (Nice Matin 10/03/2005)
Où l'on apprend que ces accords ont été conclus en 2003 entre Chirac et Bouteflika.
Où l'on apprend que Personne n'en savait rien, sauf ceux qui savaient et qui ont signé ce pacte honteux.
Où l'on apprend que le Consul d'Algérie à Nice affirme que ce sont des bambins et des adolescents qui se sont amusés dans les cimetières et qu'il n'y a pas eu de saccage programmé.
Il nous prend pour des… Ses enfants et petits enfants ont de drôles de mœurs.
Où l'on apprend qu'il nous en coûterait 1500 Euros par personne, livraison à Marseille. Ce qui peut rapidement s'élever aux prix d'un appartement ou même d'une résidence complète si nos aïeux sont arrivés en Algérie au 19° Siècle.
Où l'on apprend que dans deux ans tout doit être terminé. Il faut faire vite pour que les entreprises françaises aient de la place pour installer leurs usines.
Où l'on apprend que les autres finiront dans des fosses communes (de regroupement).
Où l'on apprend en première page de Nice Matin qu'il est plus facile de vivre 100 ans en France que de reposer en paix en Algérie.
Etc, etc… où l'on apprend qu'il y a encore des associations PN qui cautionnent ces actes et un certain tourisme mortuaire.
J.P Ferrer

le 10 mars 2005 l'Echo des français d'AFN
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Mis en ligne le 10 mars 2005
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