C'est pas nouveau. |
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![]() De retour d'un voyage en Algérie, un de nos fidèles lecteurs, pied-noir de vieille souche (sa famille s'est installée dans ces ex-départements français d'outre-Méditerranée en 1848), M. Roger R., d'Argenteuil, nous écrit ces quelques lignes sur les cimetières d'Algérie, que nous publions bien volontiers à l'intention de nos lecteurs. " ... L'Algérie n'a rien perdu de son charme ni le soleil de son éclat. Notre récent voyage en ce pays nous a procuré bien des joies, mais aussi des peines très cruelles au moment de la visite de nos cimetières. Ceux des grandes villes notamment à Alger, Saint-Eugène, et boulevard Brun, n'ont |
aucunement souffert de notre abandon forcé..
Seule la poussière du temps les a recouverts.. La même paix y règne toujours. Par contre, les cimetières de la plupart des petits villages ont subi d'atroces outrages : les pierres tombales et monuments funéraires, même modestes, ont été saccagés, croix renversées et brisées, marbres sur lesquels se lisaient les noms de nos chers disparus, brisés en menus morceaux. En certains cimetières, les cercueils ont même été éventrés et vidés. Ces profanations sont récentes car lors d'un précédent voyage, en 1967, nous n'avions pas constaté un pareil désastre. Les vandales, quinze siècles après, ont exercé ici leurs cruels maléfices. De nombreux musulmans, dont un ami très cher qui nous accompagnait dans notre visite, m'ont exprimé violemment et amèrement leur indignation. Mais au-delà de la responsabilité ou de l'irresponsabilité de certains excités algériens, je condamne sans appel le gouvernement français pour n'avoir pas, en seulement vingt ans, préservé ces lieux sacrés qu'étaient nos cimetières. C'est en ces lieux que reposent, en effet, nos parents, grands-parents, arrière-grands-parents même, les pionniers de l'œuvre admirable de la France, en ce pays si injustement et ignoblement attaqué par une intelligentsia tarée. Deux solutions s'offraient à nos gouvernants : - le rapatriement des corps, ce que ne souhaitait qu'une minorité de pieds- noirs ; - le gardiennage efficace de ces lieux qui auraient dû être, si les accords d'Evian n'avaient pas été un vulgaire chiffon de papier, une partie intégrante du territoire français au même titre que l'ambassade. A quoi bon proclamer à haute voix la beauté, la grandeur, la générosité de la France si, en deux décennies à peine, on laissa saccager ce qui aurait dû être un dépôt sacré et intouchable. . . Note de la rédaction. - Des regroupements en ossuaires ont été effectués il y a quelques années. " L'Aurore" avait signalé, dans les colonnes de sa rubrique de l'époque, " la Chronique des Français d'A.F.N. ", le transfert des corps des petits cimetières isolés de certaines régions dans des ossuaires créés dans les cimetières des grandes villes. Les français d'AFN et d'outre-mer
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Ce témoignage est paru le 03 juillet 1981 dans le bimensuel "Les français d'AFN et d'outre-mer". N°7 On peut le constater dans ces quelques lignes, la dégradation des cimetières en Algérie était déja d'actualité. Il est fait état ici de profanations et non uniquement des outrages du temps. A cette époque le terrorisme islamique n'existait pas encore en Algérie. Cet alibi, bien commode, ne peut être invoqué comme seule explication. Les pouvoirs publics le savaient, mais comme ce qui nous touche, ils n'ont pris aucune mesure concrète. Curieusement, le cimetière de St Eugène à Alger qui est aujourd'hui de tous les reportages et dont on vante la réhabilitation, n'était que très peu endommagé. Bravo pour la mise en scène ! Heureusement, nous n'avons pas la mémoire courte. |
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