J'entends pas bien !
CIMETIERES D'ALGERIE : L'APPEL A L'AIDE DES RAPATRIES.
Ils invitent la France à prendre en charge financièrement le transfert sur son sol de Pieds-Noirs enterrés de l'autre coté de la Méditerranée.

Annoncée la semaine dernière dans nos colonnes, la condamnation de 62 petits cimetières français en Algérie continue à susciter beaucoup d'émoi au sein de la communauté pied noire. La plupart des 4000 familles concernées ont appris par notre intermédiaire le douloureux choix qui leur est imposé. Elles devront transférer à leurs frais les proches inhumés de l'autre côté de la Méditerranée. Ou alors se résoudre à un regroupement des corps dans des "tombes collectives".
De nombreux pieds noirs se disent " scandalisés et révoltés ". D'autres admettent que le regroupement de sépultures dans de grands cimetières était inéluctable, compte tenu de l'état d'abandon des petites unités appelées à disparaître. "C'est bien entendu un crève cœur" souligne à Nice Fabienne Latapie, présidente de l'ASCA (Association de sauvegarde des cimetières en Algérie).
"Mais c'était inévitable" ajoute Yves Sainsot, président d'une autre association, l'Anfanoma." La réhabilitation de lieux saccagés et parfois profanés était impossible". Divisés sur le bien fondé de l'accord négocié entre Alger et Paris, les pieds-noirs se retrouvent sur deux revendications. Ils réclament l'édification de stèles multiconfessionnelles

à l'emplacement des anciens cimetières. Et ils attendent de la France qu'elle prenne financièrement en charge, partiellement ou totalement, le transfert sur son sol des défunts."Un tel rapatriement coûte 1 500 euros par corps" rappelle Yves Sainsot.
De nombreuses familles n'ont pas les moyens de payer".
L'Etat fait la sourde oreille
Au sein du Haut conseil des rapatriés, qui fut associé à l'élaboration du dispositif, Yves Sainsot a vainement réclamé en 2004 une telle aide. Des élus, dont les députés UMP des A.-M. Michèle Tabarot et Jérôme Rivière, lui ont récemment emboîté le pas. A ce jour sans résultats. " Une prise en charge n'est pas à l'ordre du jour " avance un responsable du ministère des Affaires Etrangères.
Le porte-parole du quai d'Qrsay entend, en revanche, rassurer les rapatriés souhaitant assister aux regroupements de sépultures : " L'Etat algérien veillera sur leur sécurité ". Si l'autorité du gouvernement Bouteflika a effectivement été restaurée dans les villes, elle semble moins affirmée dans les campagnes. D'où l'inquiétude à la Valette, près de Toulon, d'Agnès Viallat : " L'un de mes frères et sœurs se rendra sur les tombes de nos grands-parents, à Ain-Abessa, dans une région encore troublée, la petite Kabylie. Qui le protégera ? "


Jean-Paul FRONZES
(Nice-Matin 16 Mars 2005)

Transmis par JP Ferrer

Nous ne sommes pas étonnés de la surdité de l'état à notre encontre.
Mais il faudra qu'on nous explique un jour le mystère de cette curieuse "érosion du temps" qui laisse debout les chapelles et qui éventre les caveaux à l'intérieur.
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Mis en ligne le 16 mars 2005
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