Une explication bien tardive.
CIMETIERES FRANÇAIS EN ALGERIE
La polémique continue

La guerre des déclarations et des communiqués concernant le plan de réhabilitation des cimetières français en Algérie et en particulier le regroupement des restes mortels situés dans 62 ossuaires n’en finit pas en France depuis que le Quai d’Orsay a rendu public un communiqué invitant les familles qui désirent rapatrier les ossements de leurs proches de le faire savoir aux autorités consulaires compétentes.

L’Association pour la sauvegarde des cimetières d’Algérie (ASCA) prévoit d’effectuer, à partir de demain et jusqu’au 31 mars, une visite à Alger au cours de laquelle trois de ses membres comptent «rencontrer les autorités algériennes et françaises ainsi que les médias» afin de «faire le point sur l’effervescence médiatique actuelle en grande partie artificielle» sur cette question. Dans le communiqué annonçant cette visite, l’ASCA considère que «cette effervescence n’est ni productive ni souhaitable, et ne fait qu’apporter le trouble au sein de la communauté pied-noir et dans les relations franco-algériennes».

Par ailleurs, et dans une communication adressée le 22 mars dernier à un groupe de parlementaires, le secrétaire d’Etat français aux Affaires étrangères, Renaud Muselier, a tenté de remettre les pendules à l’heure en expliquant la démarche française et, surtout, en précisant, à propos du délai de quatre mois accordés aux familles qui désirent faire transférer les ossements en France, que les autorités algériennes n’ont pas décrété d’ultimatum à ce sujet. Une idée que des déclarations de certains rapatriés avaient laissé entendre. Renaud Muselier a expliqué que l’initiative visant à «l’entretien et la rénovation des 209.000 tombes françaises situées en Algérie dans 523 cimetières civils» a été prise par les autorités françaises, dans le but d’«assurer la pérennité

de la mémoire de notre pays», mais également parce qu’«un grand nombre de tombes étaient devenues inaccessibles en raison de l’insécurité» et se trouvent dans un état «considérablement dégradé». Concernant le regroupement ou le déplacement des ossements situés dans 62 cimetières, le secrétaire d’Etat français aux Affaires étrangères a précisé qu’il s’agit de 4.000 tombes qui «ne pourront être réhabilitées», ce qui représente 2% du total des sépultures que contiennent les 523 cimetières. Il a également annoncé que les premiers travaux de regroupement «ne débuteront pas avant l’automne 2005» et que des «cérémonies religieuses seront organisées lors de la nouvelle inhumation des corps» et des «stèles commémoratives» seront édifiées «à la place des anciens cimetières». Les familles qui en expriment le désir peuvent, pendant les opérations de regroupement, «procéder au rapatriement des restes de leurs proches» situés dans les 4.000 tombes. M. Muselier a également répondu à certaines «contrevérités (qui) ont été avancées». L’une d’elle concerne le délai de quatre mois (à partir du 15 janvier 2005) qui, selon lui, «représente le temps avant lequel l’Etat ne peut procéder aux opérations de regroupement» et non pas «du délai avant lequel les familles doivent se prononcer sur le rapatriement de leurs proches». De plus, même les «décisions tardives des familles, au-delà de septembre 2005, seront accueillies avec bienveillance par les Consuls généraux». «Il ne s’agit donc, ajoute-t-il, ni d’un ultimatum des Algériens, ni d’une opération précipitée de l’Etat français».
Il a également indiqué que «des questions pèsent (encore) sur les cimetières oranais» qui «n’ont, à ce jour, pas été entièrement recensés» et souhaité que «dès que cela sera techniquement possible, les dispositions prises pour les 523 cimetières concernés par le plan d’action, leur seront étendues».

M.Mehdi
La déclaration de M.Muselier.
Cimetières français en Algérie.

Communication de Renaud Muselier, Secrétaire d'Etat aux Affaires Étrangères, à un groupe de parlementaires ( 22 mars 2005)

Dans le cadre de sa visite à Alger le 03 mars 2003, le Président de la République a annoncé le lancement d'un plan d'action relatif aux sépultures civiles françaises en Algérie. Ce plan, particulièrement volontaire, a pour principal objectif l'entretien et la rénovation des 209.000 tombes françaises situées en Algérie dans 523 cimetières civils. Pourquoi une telle initiative ?
D'abord, parce que ces tombes, ces cimetières, ces lieux de recueillement, constituent une part importante de la mémoire de notre pays. Des travaux sont donc indispensables pour assurer la pérennité de cette mémoire.
Ensuite, un grand nombre de tombes étaient devenues inaccessibles en raison de l'insécurité. Elle se sont parfois considérablement dégradées.
Enfin, ces travaux d'entretien et de rénovation contribuent à conforter le repos et la dignité de morts, que les familles n'ont quasiment plus eu le loisir d'honorer. Les travaux préliminaires au lancement du plan d'action ont montré que sur les 209.000 tombes recensées, environ 4.000, soit 2% des tombes, devront être déplacées et regroupées. En effet, sur les 523 cimetières recensés, une soixantaine de cimetières de taille modeste, ne pourront être réhabilités, en raison de leur situation géographique ou des dommages qui leur ont été causés.
Nous avons été particulièrement attentifs au choix de la localisation des nouvelles sépultures. Des principes essentiels constamment dicté ces choix : le respect de la dignité et de la mémoire des morts. La surveillance et l'entretien notamment de ces nouvelles sépultures seront scrupuleusement suivis.
Lors de ce regroupement, dont les premiers travaux ne débuteront pas avant l'automne 2005, nous veilleront aussi à ce que tout soit fait dans le respect et le recueillement. Des cérémonies religieuses seront organisées lors de la nouvelle inhumation des corps. Des stèles commémoratives rappelleront la place des anciens cimetières.
Au cours de ces opérations de regroupement, il est possible que des familles souhaitent procéder au rapatriement des restes de leurs proches.
nous nous engageons à leur apporter tout le soutien nécessaire pour les opérations d'exhumation ou pour les formalités administratives liées au rapatriement. Nos Consulats Généraux et la Mission Interministérielle aux rapatriés accompagneront chacune des familles qui en éprouverait le besoin.
en tout état de cause, les tombes regroupées, donneront toute garantie de respect de la dignité, de la mémoire et du repos des morts. Contrairement à ce

qui a pu être dit, le rapatriement est loin d'être une obligation. Il s'agira d'une option que les familles proches des 4.000 tombes endommagées pourront faire valoir si elles le souhaitent

S'agissant des délais, beaucoup de contre-vérités ont été avancées.


Le délai de quatre mois, qui court à partir du 15 janvier 2005, représente le temps avant lequel l'Etat ne peut procéder aux opérations de regroupement. Il ne s'agit pas du délai avant lequel les familles doivent se prononcer sur le rapatriement de leurs proches. Les familles concernées par les 4.000 tombes pourront informer les Consulats Généraux ou la Mission aux rapatriés de leur intention de rapatrier leurs proches, dès maintenant si elles le souhaitent. Au-delà des quatre mois, leur éventuelle décision de rapatriement sera évidemment traitée.
Par ailleurs, les opérations de regroupement ne débuteront qu'une fois toutes les conditions, notamment financières, réunies. L'automne 2005 paraît l'échéance la plus probable.
Des décisions tardives des familles, au-delà de septembre 2005, seront accueillies avec bienveillance par les Consuls Généraux. Il ne s'agit donc ni d'un ultimatum des Algériens, ni d'une opération précipitée de l'État français.

Je veux enfin rappeler la participation prépondérante de l'Etat quant aux opérations de rénovation, d'entretien et de regroupement. Car là aussi, des approximations ont semé le trouble dans les esprits.

l'Etat prend en charge l'essentiel du coût que représentent les opérations de rénovations et d'entretien. Cela représente près de la moitié du coût de l'entretien et de rénovation des tombes de français à l'étranger.

La participation des collectivités locales est à saluer. Toutes les bonnes volontés sont les bienvenues.
Je sais que des questions pèsent sur les cimetières oranais. Ils n'ont, à ce jour, pas été entièrement recensés. Les tombes qui, le moment venu, nécessiteraient des opérations de regroupement ne sont pas non plus identifiées. Dès que cela sera techniquement possible, les dispositions prises pour les 523 cimetières concernés par le plan d'action, leur seront étendues.

Transmis par J.L Granier
http://babelouedstory.ifrance.com

voir aussi : http://www.ambafrance-dz.org/consulat/Cimetieres/index_cimetieres.html
L'explication de M.Muselier vient un peu tard.
En homme de communication qu'il est, il aurait du savoir que faute de transparence, toutes les suppositions et toutes les déductions pouvaient être envisagées.
Un exposé clair de la question aux principaux intéressés, et une concertation avec les premiersconcernés, auraient évité les "contre-vérités" et les "approximations", mais aussi l'incertitude et l'angoisse de nos compatriotes.

Alors, mise au point, reculade ou écran de fumée ?
Les questions restent posées et ne dissipent pas le malaise instauré par les euphémismes persistants qui transforment vandalisme et profanations en "dégradations" et éradications en "regroupements".
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Mis en ligne le 26 avril 2005
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